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Parce qu'un artisan malade, blessé ou mort ne sert à rien
Parce qu'il n'est plus possible de travailler avec un employé malade, blessé ou mort
Parce que je ne veux pas travailler avec la responsabilité morale d'un accident du travail...

Certes ces phrases sont un peu choquantes mais résument bien l'enjeu de ce que beaucoup considèrent comme superflux. Si dans les grandes entreprises, plus rien ne se fait sans une sécurité maximale ( ce qui n'empêche pas les accidents bien sur ), celà n'est pas encore le cas dans les petites entreprises. En effet, la mise en sécurité représente souvent un coût, un temps de mise en place et de dépose importants. Bien sur il n'est rien en comparaison de la vie ou d'un membre d'une personne mais ces mots ne veulent rien dire.

Dans le système français, le chef d'entreprise peut prendre tous les risques qu'il veut, il n'est jamais inquiété. Par contre il a toutes les obligations de faire travailler ses employés en pleine sécurité. Je ne partage pas ce point de vue et je cherche à protéger aussi ma sécurité et à prendre à la place de mes employés les risques les plus élevés.

Dans le domaine du gros oeuvre dont la charpente couverture fait partie, les risques sont présents à chaque instant et je tiens à présenter ici les moyens que je mets en oeuvre pour travailler en sécurité. Le charpentier est souvent un funambule travaillant à plusieurs mètres du sol, dans des positions parfois inconfortables. Certes, le métier est risqué et on ne pourra jamais éliminer toutes les situations à risque. Mais je m'efforce de faire toujours mieux.

- Port des lunettes de protection à chaque utilisation de scie circulaire ou de meuleuse
( une limaille de métal dans un oeil peut faire perdre cet oeil en 48 heures )
- Port des lunettes de soleil en été ou sur les isolants minces
- Formation et recyclage Secouriste Sauveteur du Travail
- Formation à la conduite en sécurité au centre Centaure de Toulouse St Jory
- Formation à la maitrise des dérapages sur route mouillée et aux freinage d'urgence par l'automobile club du midi et la police nationale
- Certification CACES R372m catégorie 9 pour la conduite en sécurité des engins de levage ( la majorité des accidents du travail sont causés par des marches arrière de véhicules non sécurisées )
- Port du casque de chantier équipé d'un jugulaire lorsque le risque de chute de matérieux existe
- Port du casque anti bruit lors de l'usage de tout outil électroportatif. Le bruit est dangereux au dessus de 85dB et les lésions sont irréversibles au dessus de 90dB. Trouvez un outil électrique ou thermique plus silencieux que 90dB!!!
- Port de vêtement solides et adaptés aux conditions météorologiques. Mon choix se porte là encore sur le matériel de montagne et les matières reconnues telles que la fibre polaire, le cordura et le gore-tex. Ceci me permet d'évoluer sur un toit par temps de vent, de grand froid ou même de neige.
- Fixation des échelles en haut et le plus souvent possible en bas
- Refus de l'utilisation des appareils les plus dangereux ( scie circulaire, meuleuse, tronconneuse ) par mes employés
- Utilisation systématique d'un harnais et d'une ligne de vie pour une intervention durant plus d'une journée sur un toit lors des opérations de pose de film d'imperméabilisation, lors de travaux près des bords de toit et lorsque la météo est menaçante. Toutefois ces systèmes de sécurité handicapent la progression sur les toit et la rapidité du travail et il arrive que lorsque "je me le sens", je me détache de la ligne de vie. Je considère être conscient du risque que je prends et ne le faire que lorsque le risque est très minime. Je ne le tolère absolument pas pour un employé.

Et les points qui peuvent facher :

- Refus du port des chaussures de sécurité : aujourd'hui, il n'existe pas sur le marché de modèle adapté à l'évolution sur toiture. J'utilise donc des chaussures de montagne qui ne possèdent pas de semelle anti transpercement et de coque métallique, c'est mon choix ( pour le moment ) et je l'assume. L'accroche des semelles est primordial ainsi que la tenue du pied.
- Refus du principe de la mise en place de la protection collective plutot que de la protection individuelle. Je préfère que moi ou mes employés chutent équipés d'un baudrier relié à une ligne de vie plutot que d'être hypothétiquement retenu par un filet soit disant anti chute. Là aussi, le matériel d'escalade n'est pas forcément reconnu pour les travaux en hauteurs ce qui m'indigne fortement alors qu'il est parfois plus adapté : il suffit de gouter au confort d'un harnais d'escalade et de le comparer à celui d'un harnais de travaux en hauteurs réalisé presque exclusivement avec des sangles!!!! Les systèmes antichute de travaux en hauteur ne me satisfont pas pour ce qui est de l'absorption des chutes. Rien à voir avec une simple corde dynamique.

De nombreuses réflexions restent encore à mener dans le domaine de l'usage des outils electro portatifs,de la tronconneuse et de la progression sur les toits par temps de pluie par exemple pour assurer la pérenité de l'entreprise.

Ci dessous la liste des accidents et des "presque-accidents" du travail avec un commentaire : comprendre, analyser, changer pour que ca n'arrive pas une seconde fois
- fevrier 2005 accident : lors d'une manipulation sous un arbre, en me relevant, choc brutal contre une branche. Cuir chevelu ouvert et saignement. Soigné sur place grace à la trousse de secours présente dans le fourgon par mon confrère sous traitant présent sur le chantier. Au final accident peu grave mais penser à porter un casque de chantier et à éloigner les manipulations des obstacles relativement bas.
- avril 2005 presque accident : lors de l'arrêt d'une scie sauteuse, j'ai approché un doigt de la lame encore en mouvement. Choc sur l'ongle douloureux sur le moment mais sans gravité. Attendre systématique l'arrêt des pièces en mouvement d'un outil electrique avant d'approcher les mains.
- novembre 2005 accident : lors d'un trajet, arrivé parmi les premiers sur un accident de la circulation, je stationne mon fourgon en protection d'un autre véhicule ayant fait un tête à queue sur la N20. Pendant que je faisais la circulation bien en amont de l'accident, un fourgon roulant à faible vitesse dont le conducteur regardait les dégats plutot que devant lui est venu percuter mon fourgon par l'arriège. Dégats matériels assez importants. Là je ne sais pas quoi faire.... Je pense avoir fait mon travail de secouriste pas trop mal.
- octobre 2006 accident : chute d'un toit hauteur 3m en haute ariège. Départ aux urgences de l'hopital de Foix. Heureusement, rien de brisé. Pas de commentaire, accident idiot à 9h du matin sur de la rosée sans sécurité..... 

Oooopssss!

 ( photo prise à Egat 66 en mai 2006, ce n'est pas mon camion!!! )

 
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